Menu

Le christianisme ne se présente pas et ne peut se présenter comme un corps de doctrines opposé à un autre, comme une vision du monde aligné à côté des autres : le christianisme ne peut pas être, pour ceux auxquels il est offert , un signe d'intériorisation : « Voilà ! Vous ne saviez pas ! Nous, nous savons ! Vous ne saviez pas ! Nous, nous possédons ! Vous n'étiez pas à notre niveau, vous êtes maintenant appelés à y accéder ! »
Il est évident que personne n'acceptera le christianisme si d'abord ce christianisme le met dans une position d'infériorité…
Il n’est pas d’abord un corps de doctrine mais sur une expérience fondamentale qui est l'expérience de la Présence de Dieu dans qui se communique à nous et se diffuse dans un appel au dépouillement c'est-à-dire à la liberté.

 

Il ne s'agit pas de faire une propagande indiscrète, il ne s'agit pas d'encombrer les autres de nos convictions, il s'agit de laisser rayonner une Présence, car tout le christianisme est une Présence qui est un présent, un cadeau, une lumière, la grâce de l'éternelle beauté.
Il s’agit de laisser transparaître cette Présence et de la présenter gracieusement, sans rien dire.
Il s’agit d’être là et d’entourer chaque être humain de cet honneur dont il faut nous prévenir les uns les autres, et de créer autour de lui cet espace de lumière et de respect qui lui permettra de découvrir au centre de lui-même cet Amour qu’il cherchait vainement au-dehors et qui l’attendait au-dedans.
Qui pourrait résister à cette Présence ? Qui pourrait refuser ce cadeau ? Qui serait insensible à ce respect ? Qui ne respirerait pas dans cet espace où circule l'éternel Amour ?
Quand la vie prendra en nous toute sa stature, toute sa grandeur, toute sa beauté, on saura que le Christ est vivant aujourd'hui plus que jamais, qu'il est une Présence qui mord sur la vie, qu’il est la réponse à la vie, et qu’en lui, enfin, on peut respirer dans une liberté enfin découverte, qui n'a plus de frontières puisqu'elle n’est plus et ne peut plus être que le rayonnement créateur de l'éternel Amour.

 

Marc Donzé, le biographe de Maurice Zundel, écrivait à son sujet : « Il voudrait pouvoir parler de Dieu, à pas de silence et de respect, au cœur de ce qui importe le plus à l’homme. Il voudrait pouvoir dire sans violence, mais en prenant chaque homme par la main, que Dieu est l’accomplissement de l’homme. »